mercredi 4 décembre 2019

Église Orthodoxe - French Orthodox Web 2


ORTHODOX WEB



Église Orthodoxe


French Orthodox Web 2


ORTHODOX CHRISTIANITY – MULTILINGUAL ORTHODOXY – EASTERN ORTHODOX CHURCH – ΟΡΘΟΔΟΞΙΑ – ​SIMBAHANG ORTODOKSO NG SILANGAN – 东正教在中国 – ORTODOXIA – 日本正教会 – ORTODOSSIA – อีสเทิร์นออร์ทอดอกซ์ – ORTHODOXIE – 동방 정교회 – PRAWOSŁAWIE – ORTHODOXE KERK -​​ නැගෙනහිර ඕර්තඩොක්ස් සභාව​ – ​СРЦЕ ПРАВОСЛАВНО – BISERICA ORTODOXĂ –​ ​GEREJA ORTODOKS – ORTODOKSI – ПРАВОСЛАВИЕ – ORTODOKSE KIRKE – CHÍNH THỐNG GIÁO ĐÔNG PHƯƠNG​ – ​EAGLAIS CHEARTCHREIDMHEACH​ – ​ ՈՒՂՂԱՓԱՌ ԵԿԵՂԵՑԻՆ​​

ORTHODOX WEB: http://orthodoxweb.blogspot.com - Abel-Tasos Gkiouzelis - Email: gkiouz.abel@gmail.com – Feel free to email me…!

♫•(¯`v´¯) ¸.•*¨*
◦.(¯`:☼:´¯)
..✿.(.^.)•.¸¸.•`•.¸¸✿
✩¸ ¸.•¨ ​

http://frenchorthodoxweb1.blogspot.com - Église Orthodoxe
http://frenchorthodoxweb2.blogspot.com - Église Orthodoxe

<>

Sur L'amour

Saint Arsène Papacioc de Roumanie (+2011)

Nous avons besoin d'aimer beaucoup! Car le Christ nous l'ordonne!

Soyons attentifs car l'amour est le critère du Jugement [dernier]!

Quand le Christ nous a demandé d'aimer, Il nous a aussi donné la force de le faire.

Nous devons aimer notre affliction [tristesse] et ceux qui l'ont causée.

Vous êtes libres, et vous avez la possibilité de vous élever [développer] si vous n'avez pas de haine.

Nos cœurs doivent toujours être libres pour le Christ.

Ce monde n'est pas mauvais; nous sommes fautifs car nous ne savons pas aimer.

La haine de son prochain est l'œuvre la plus diabolique.

Si vous essayiez d'aimer les gens comme vous aimez le Christ, alors vous ne verriez plus les torts de votre prochain.

Sachez que l'amour pour les ennemis est un commandement. Nous devons les supporter dans notre cœur.

Une question est justifiée, et posons-la nous tous: "Dois-je aimer ou non...?" - Car c'est un commandement, mon frère! Ne pense pas que notre Sauveur a parlé seulement pour les gens de son temps ou pour Ses apôtres. Non... Il a parlé pour tous les hommes et pour l'éternité.
  
Pères, la grande bataille est de guérir les blessures, et non pas d'appliquer des pénitences [épitimies]. Nous souillons Son sacrifice sur le Golgotha lorsque nous refusons d'absoudre ceux qui ont des péchés graves quand ils se repentent.

Les canons de l'Eglise sont un excellent guide. Mais on doit les utiliser avec souplesse [economia/ économie].

Il est dit que le cerf ne court pas bien pour deux raisons: quand il est trop gras, ou quand il est trop faible. Trop d'ascétisme peut affaiblir quelqu'un, mais l'indifférence et le non-engagement peuvent aussi "engraisser" un homme.

Personnellement, je ne suis pas pour les pénitences qui nécessitent beaucoup de temps et d'effort physique.

La pénitence signifie la possibilité de se repentir, de ne plus commettre ce péché, de lutter pour ne pas tomber à nouveau.

Une bonne pénitence, c'est de regarder le pénitent comme quelqu'un que l'on aime!

Nous avons besoin d'un ... état continu d'amour.

Nous devons avoir "le besoin" d'aimer. Il n'y a jamais quelqu'un près de vous par hasard [en vain]. Il est là, par la Providence de Dieu.

Un père spirituel est responsable de la faiblesse de son enfant.

Le mystère de Dieu est celui de l’Amour qui chasse toute peur

Saint Benoît recommandait à ses moines d’« avoir chaque jour devant les yeux la menace de la mort » (Règle, ch. IV).
On parle peu de la mort dans le monde moderne. Mais toute la tradition chrétienne nous apprend que, pour devenir sages, il faut nous faire à l’idée que nous n’avons pas ici-bas de « cité permanente » (He 13, 14)…
Les sages des temps passés et présents nous enseignent qu’il faut garder la mort présente à l’esprit pour avoir une juste perspective sur la vie… Pour qui est attaché au monde, parler de la mort est difficile. En vérité, la principale illusion qui nous attache aux biens de ce monde procède d’un point de vue diamétralement opposé : non pas la sagesse de se savoir mortel, mais le pur fantasme que nous sommes immortels, à l’abri de la défaillance physique.
Mais la sagesse de la tradition incarnée par saint Benoît enseigne que la reconnaissance de notre faiblesse physique nous rend capables de percevoir aussi notre fragilité spirituelle. Il y a une profonde connaissance en nous tous, si profonde en vérité qu’elle est la plupart du temps enfouie, qu’il nous faut établir le contact avec la plénitude de la vie et avec la source de la vie.
Il nous faut établir le contact avec la puissance de Dieu et, d’une manière ou d’une autre, ouvrir les fragiles « vases de terre » que nous sommes à l’amour éternel de Dieu, un amour inextinguible.
La méditation est un chemin de puissance parce qu’elle est le moyen de comprendre notre nature mortelle. C’est le moyen d’avoir clairement conscience de notre propre mort. Ceci parce qu’elle est le chemin qui transcende notre mortalité. Elle est le chemin, au-delà de la mort, vers la résurrection, vers une vie nouvelle et éternelle, la vie qui jaillit de notre union avec Dieu.
Dans son essence, l’Évangile chrétien proclame que nous sommes invités maintenant, aujourd’hui, à faire cette expérience. Nous sommes tous invités à mourir à notre vanité, à notre égoïsme, à nos limites. Nous sommes invités à mourir à notre exclusivisme. Nous sommes invités à tout cela parce que Jésus nous a précédés dans la mort et est ressuscité des morts.
Cette invitation à mourir est aussi une invitation à naître à une vie nouvelle, à une communauté, à une communion, à une vie pleine et sans peur. Je crois qu’il serait difficile de dire si les gens craignent davantage la mort ou la résurrection. Mais, dans la méditation, nous nous défaisons de nos peurs parce que nous prenons conscience que la mort est mort à la peur et que la résurrection est naissance à une vie nouvelle.
Chaque fois que nous nous asseyons pour méditer, nous entrons dans cet axe de mort et de résurrection.
Ceci parce que, dans notre méditation, nous dépassons notre vie et toutes ses limitations pour entrer dans le mystère de Dieu. Nous découvrons, chacun d’entre nous par sa propre expérience, que le mystère de Dieu est le mystère de l’amour, de l’amour infini – de l’amour qui chasse toute peur.

Source:


<*>

Devenir et rester un Chrétien Orthodoxe

Prêtre Andrew Phillips 

INTRODUCTION

Nous entendons parfois des gens raconter comment ils en sont venus à rejoindre l'Eglise Orthodoxe. Bien que chaque histoire soit intéressante, et parfois même extraordinaire, je pense que les histoires racontant comment des gens sont restés de fidèles Chrétiens Orthodoxes malgré les tentations seront de plus grande utilité. Comme il est écrit dans l'Evangile : "C'est à votre constance que vous devrez votre salut" (Luc 21,19).

De plus, je n'ai pas intitulé cet entretien "Comment entrer dans l'Eglise Orthodoxe" mais "Comment devenir et rester un Chrétien Orthodoxe."

Car rejoindre l'Eglise Orthodoxe ou devenir un membre de l'Eglise Orthodoxe, cela concerne des changements externes, et ce n'est pas la même chose que "devenir un Chrétien Orthodoxe," qui concerne des changements intérieurs. Et rester un Chrétien Orthodoxe est encore plus important, c'est pourquoi j'ai consacré 3 fois plus de temps à cette partie-là qu'à comment devenir Chrétien Orthodoxe.

DEVENIR ORTHODOXE – CONVERSION ET INTÉGRATION

Définissons d'abord nos termes en parlant d'un nombre de mots qui sont utilisés dans ce contexte. Tout d'abord, il y a la phrase nulle "Orthodoxe de naissance." Cela n'existe pas. Personne n'est "né Orthodoxe", nous sommes tous nés païens. C'est pour cela que nous exorcisons d'abord puis baptisons. Plus acceptables sont les termes, "né dans une famille Orthodoxe" et "Orthodoxe depuis le berceau". Il est intéressant de noter que les gens qui utilisent avec condescendance des termes comme "Orthodoxe de naissance" appellent les enfants des "convertis".. des "convertis". En fait, bien sûr, dans leur langage erroné, les enfants de "convertis" sont "Orthodoxes de naissance"!
Ensuite il y a le mot "converti." Lorsque des gens disent qu'ils sont convertis, je leur demande d'abord : "Convertis à quoi?" Au folklore grec? A l'alimentation russe? Au pharisianisme? A la nostalgie d'un Anglicanisme ou d'un Catholicisme-romain démodés? A un passe-temps intellectuel de syncrétisme?

Il est vrai, en un sens, que nous sommes tous, toujours, des convertis, parce que nous avons tous à constamment nous convertir au Christ. C'est le sens du Psaume 50. Le roi-prophète David aussi fut un converti, un "né de nouveau", après son grand péché. Hélas, le mot "converti" n'est en général pas utilisé dans ce sens spirituel mais dans un sens séculier.

J'espère que quand les gens s'appellent eux-mêmes "convertis", ils veulent dire qu'ils sont convertis au Christianisme (qui est le mot correct pour Orthodoxie). J'espère aussi que quand ils disent qu'ils sont "convertis", cela signifie qu'ils ont été très récemment reçus dans l'Eglise. Hélas, je dois admettre que ce n'est pas toujours le cas. Les années passant, j'ai rencontré des gens qui étaient entrés dans l'Eglise Orthodoxe 10, 20, 30 ans auparavant voire plus, et qui étaient encore des "convertis" et même qui s'appelaient eux-mêmes "convertis". Et ceci même dans le cas de certains clercs, prématurément ordonnés.

Ca me dépasse, car cela signifie que même après des années comme membres "de nom" de l'Eglise Orthodoxe, ils ne sont pas encore devenus Chrétiens Orthodoxes, ils n'ont pas encore intégré l'Eglise, ils n'ont pas encore grandit naturellement dans l'Orthodoxie, et il ne mènent toujours pas un genre de vie Orthodoxe, ils n'ont pas encore acquis cet instinct d'Orthodoxie, qui signifie que l'Orthodoxie est leur unique demeure spirituelle, qu'elle est leur os et leur sang, qu'ils respirent l'Orthodoxie parce que leurs âmes sont Orthodoxes. Ils souffrent de l'affliction spirituelle de la "convertitis". Ils sont restés néophytes. Ils n'ont accompli que ce que le diable voulaient qu'ils accomplissent – être incomplets. C'est pourquoi les Russes, faisant un jeu de mot sur le mot russe "konvert", qui signifie une enveloppe, disent plutôt vrai en parlant de certains convertis : "le problème avec le 'konvert', c'est qu'il est soit souvent vide, ou souvent décollé."

Il peut y avoir bien des raisons à cet état de convertitis. Ce peuvent être des gens qui sont rentrés dans l'Eglise Orthodoxe et n'ont pas trouvé de paroisse où aller, au moins avec des Offices dans une langue qu'ils pourraient comprendre. Par exemple, j'ai rencontré des gens qui avaient été Orthodoxes depuis 40 ans mais n'avaient jamais participé à une Vigile Pascale dans leur propre langue! J'ai rencontré des gens qui étaient Orthodoxes depuis 5 ans et n'avaient jamais assisté à la moindre Vigile Pascale, parce que leur communauté Orthodoxe locale n'a que 10 Liturgies par an et uniquement des samedis matin! J'ai rencontré des gens qui étaient Orthodoxes depuis 60 ans et n'avaient jamais été à des Vêpres ou un Office de Vigile! En d'autres mots, de telles personnes n'ont jamais eu l'opportunité d'apprendre et de s'intégrer. Cependant, il y a malheureusement aussi d'autres raisons pour lesquelles des gens ne s'intègrent pas dans la vie de l'Eglise.

LES MOTIFS DE CONVERSION

En principe, le clergé ne devrait recevoir quelqu'un au sein de l'Eglise Orthodoxe que pour des raisons positives. Le fait est qu'il y a des gens qui souhaitent rejoindre l'Eglise Orthodoxe pour des raisons négatives, par exemple par dégoût pour une dénomination ou un membre de son clergé. C'est de la psychologie, pas de la théologie, et en plus, pas très saine, ni très Chrétienne, comme psychologie.

Je me souviens comment dans les années 1970, celui qui est à présent l'évêque Kallistos me raconta comment un groupe de convertis lui avaient demandé d'écrire un livre dénonçant toutes les hérésies de l'Anglicanisme. Les convertis en question, et ils étaient en effet convertis, étaient bien entendu tous des ex-Anglicans! Ils n'avaient pas compris que leur motivation, à tous, provenait de leurs problèmes psychologique personnel, de leur réaction, qu'ils étaient occupés à masquer derrière leur zèle passionné. C'est fort justement que l'évêque Kallistos refusa d'écrire quelque chose de négatif. En tout cas, aucun Orthodoxe n'aurait acheté le bouquin, parce qu'il n'aurait pu être de quelqu'utilité que ce soit pour des néophytes ex-Anglicans. Ce fut un livre en moins à réduire en pâte.

Habituellement, un prêtre sait découvrir si les motivations de ceux qui souhaitent rejoindre l'Eglise Orthodoxe sont négatives rien qu'en attendant de voir si ces gens viennent aux Offices religieux. Habituellement, ces gens super-zélés qui aiment lire à propos de la Foi ou parler de la Foi dans des forum ou ailleurs, sont ces mêmes personnes qui font de l'absentéisme à l'église. Leur zèle se passe tout dans la tête ou dans leurs émotions, pas dans leur coeur et âme, et dès lors pas dans leur vie et leur pratique.

Ensuite, il y a ceux qui ont été attirés à l'Eglise par une découverte durant un voyage. J'appelle ces gens des "Orthodoxes de Vacances." Leur attirance n'est souvent pas vers le Christ, mais vers une culture étrangère et exotique – et au plus exotique, au mieux c'est. Menant une vie très monotone, l'Eglise Orthodoxe leur donne quelque chose pour rêver, habituellement leurs prochaines vacances en Crête ou quelque part du genre. A nouveau, un prêtre sait facilement découvrir si leur intérêt est sérieux en regardant s'ils viennent à l'église. En général, ils ne viennent pas, parce qu'ils ne sont pas en vacances! Hélas, certains d'entre eux ont été reçus dans l'Eglise par des prêtres manquant de discernement, dans leur lieu de villégiature, que ce soit en Roumanie, Russie, Grèce, Chypre, au Mont Athos ou ailleurs.

Ne connaissant rien de la Foi Orthodoxe, ils se présentent sur le pas de votre porte et vous avez à leur expliquer que bien qu'ils soient membres de l'Eglise Orthodoxe, ils ne sont en réalité pas encore devenus Orthodoxes. Souvent, de toute manière, de telles personnes peuvent bien vous téléphoner, mais en général ne viendront jamais à un Office à l'église, parce qu'ils auront cessé de pratiquer avant de s'être préparés à venir à l'église.

Ensuite il y a ces gens qui viennent avec leur propre agenda, souvent des "je-sait-tout", qui ont lu tous les livres existant sous le soleil, mais n'ont pas encore la moindre idée de la lettre A de l'ABC Chrétien. Et ils arrivent avec leurs desiderata qu'ils souhaiteraient imposer! "Oui, je veux rejoindre l'Eglise Orthodoxe, mais à condition qu'elle aie d'abord été 'réformée' et 'modernisée'!" - "Oui, c'est bon ainsi, mais je voudrais qu'on rajoute quelques hymnes occidentaux avant le Canon!", ou "Je ne rejoindrai l'Eglise Orthodoxe que lorsqu'elle célébrera Pâque en même temps que ma tante Suzanne qui est Protestante!", ou "Tout est parfait sauf que vous utilisez beaucoup trop de cierges. Retirez ces cierges et je rejoindrai l'Eglise Orthodoxe." "Je ne deviendrai Orthodoxe que si vous avez une icône de st. François d'Assise!" "Je ne rejoindrai l'Eglise Orthodoxe qu'à condition que tout le monde y vote pour le parti politique XYZ et aille en vacances en Toscane!". Ce sont peut-être des exemples extrêmes, mais ce sont des exemples authentiques. Ce sont tous des exemples de manque d'humilité. Aucun prêtre ne devrait recevoir des gens pareils au sein de l'Eglise pour la simple raison qu'ils n'aiment pas et n'acceptent pas l'Eglise et Son Maître le Christ.

Il n'y a qu'un seul critère pour entrer dans l'Eglise Orthodoxe, et c'est parce que vous êtes convaincus que c'est pour votre Salut personnel, pour votre survie spirituelle, parce que c'est la sainte Volonté de Dieu pour vous, parce que vous savez que c'est votre demeure spirituelle, et que quelqu'en soit le prix, vous ne pourrez jamais être rien d'autre.

COMMENT RESTER ORTHODOXE – L'ATTACHEMENT AUX APPARENCES

Récemment, un prêtre qui avait reçu des gens dans l'Eglise au cours des 20 dernières années me raconta que la liste de gens qu'il avait reçu et qui avaient fait défection était plus longue que celle de ceux qu'il avait reçus et qui avaient persévéré. Ce prêtre est relativement prudent quand il s'agit de recevoir les gens, mais je connais 2 autres paroisses où la liste des défections est au moins 20 fois plus longue que celle des persévérants. Dans les 2 cas, je doit admettre que c'est la politique de la paroisse qui est à remettre en cause. Présentez-vous y et demandez, et vous serez automatiquement reçus dans l'Eglise endéans les 2 semaines, sans la moindre instruction.

Mais pourquoi alors est-ce que des gens abandonnent la pratique de la Foi à laquelle ils ont choisit d'appartenir de leur plein gré? Si nous examinons cette question, peut-être pourrons-nous apprendre quelques leçons qui sont utiles pour nous et qui pourrons nous aider à rester un fidèle Orthodoxe.

Tout d'abord, nous devons nous examiner nous-mêmes. A quoi sommes-nous en fait attachés dans l'Eglise? Il y en a qui disent : "C'était si merveilleux à l'église aujourd'hui! Le chant était si beau, l'encens sentait si bon!" Des paroles pareilles me font penser qu'il est peu probable que cette personne revienne. De telles personnes semblent avoir un feu intérieur qui éclate dans un jaillissement d'enthousiasme et d'émotion. Mais comme tous les feux vifs, ils brûlent vite et ne laissent que des cendres froides. Cet attachement aux apparences et à l'exotisme est dangereux, parce que nous passons à côté de l'essentiel.

L'attachement aux apparences peut s'étendre aux vêtements, langues, nourriture et folklore étrangers. Je me souviens d'une paroisse russe en Belgique, on savait directement qui y étaient les convertis; les hommes portaient des barbes de paysans Russes du 19ème siècle, et les femmes portaient des longues jupes sans élégance et semblaient porter une nappe de table sur la tête. Vous saviez qui étaient les Russes parce qu'ils étaient habillés normalement. Dans une paroisse grecque ici, il y avait 2 prêtres, un Grec et un converti. Vous reconnaissiez directement qui était le convertit parce qu'il portait d'énormes robes à large manches et un énorme chapeau-cheminée sur sa tête. Le Grec ne portait qu'une tunique.

Dans une autre paroisse russe, les Russes parlaient toujours de chanter, de Noël et de Pâques, mais les "convertis" (et c'est bien ce qu'ils étaient) parlaient de "psalmodier" et "La Nativité" et "Pascha." Un vrai Russe, né en Union Soviétique, me raconta un peu cruellement pourquoi il aimait le convertit de sa paroisse "parce qu'il me fait marrer avec tout son folklore." Le zèle non-éclairé est toujours ridicule. Le zèle doit être canalisé afin d'atteindre quelque chose de positif.

J'ai un ami Chypriote Grec, né et élevé à Londres, qui me raconta que son plat préféré était le steak et la tourte aux rognons, et que c'était la première chose qu'il mangeait à Pâques lorsque le jeûne était finit. Je lui ai demandé s'il mangeait parfois dans un restaurant grec. Il répondit : "Oh non, ça c'est juste bon pour les Anglais." Il me raconta aussi comment à Londres, dans les mariages entre Chypriotes, les invités avaient l'habitude d'attacher des billets de banque aux vêtements du nouveau couple, une sorte de cadeau de mariage. Lorsque pour la première fois il vit un mariage à Chypre, alors qu'il avait 25 ans, les gens là-bas ne firent pas cela. Pourquoi? Parce qu'ils avaient cessé de le faire dans les années 1960, considérant cela comme une sorte de coutume paysanne primitive. En d'autres termes, ils avaient cessé de le faire après que la plupart de leurs compatriotes Chypriotes Grecs avaient émigrés à Londres, mais ceux à Londres avaient conservé la vieille coutume des années 1950. Et voilà que les convertis veulent imiter cette coutume morte.

A cet égard, j'ai rencontré récemment un autre "convertit" qui venait de rentrer de vacances en Grèce, et en parlait avec beaucoup d'enthousiasme comme étant une "terre sainte" pleine de "saintes personnes," parce que "les Orthodoxes sont saints". Hé bien, je ne peux que supposer qu'il a dû passer tout son séjour dans d'excellents monastères – en passant, tous les monastères ne sont pas excellents. Je recommanderais à de telles personnes d'aller visiter les prisons grecques. Elles sont pleines d'Orthodoxes – des voleurs, des assassins, des violeurs, des proxénètes, des escrocs Orthodoxes. Vous pouvez le dire, ils sont tous Orthodoxes! Voyez-vous, la nature humaine est la même dans le monde entier.

Ce que je veux dire c'est que si nous nous attachons aux apparences, alors nous devrions d'abord nous demander à nous-mêmes : à quelles apparences sommes-nous donc attachés? Si nous ne faisons pas preuve de discernement, nous pourrons en effet avoir l'air fort bête. Toutes les apparences ne sont naturelles que si elles reflètent ce qui est en nous. Si le Christianisme Orthodoxe est en nous, alors nos apparences seront celles de tout Chrétien Orthodoxe. Nous gagnerions certainement à prendre l'habitude de visiter d'autres paroisses Orthodoxes, des pays où il y a beaucoup d'églises Orthodoxes, observant et analysant notre aspiration à l'authenticité. La pire des choses ce sont ces petites communautés de "convertis", refermées sur elles-mêmes, et qui ne voient jamais rien d'autre. Ils peuvent finir par avoir des pratiques qui n'existent nulle part ailleurs sur terre, et cependant penser être "plus Orthodoxes" que qui que ce soit d'autre! A nouveau, l'humilité est la solution pour guérir cette maladie, et l'humilité commence avec le réalisme, pas avec la fantaisie. Aucune spiritualité n'a jamais été fondée sur de la fantaisie. Sans une sobre humilité, il y a toujours l'illusion, qui est suivie par le découragement et la dépression. C'est la loi spirituelle.

Voir la réalité d'églises Orthodoxes est un excellent remède contre la maladie des fantaisies. Se rappeler que certaines Eglises Orthodoxes sont des Eglises d'Etat, et que bien d'autres ont des mentalités d'Eglise d'Etat. Une expérience qui donne à réfléchir, c'est la rencontre avec un certain nombre de ces diacres, prêtres et évêques qui se vantent de combien "ils gagnent" comme salaire, qui sont "hors service" à partir de 17h et les lundis et jeudis, et qui ne peuvent dès lors pas y célébrer de funérailles, qui disent qu'être dans le clergé c'est un bien meilleur boulot que ce qu'ils auraient autrement dû faire parce qu'ils n'étaient pas trop brillants à l'école et que l'alternative c'était être larbin dans une usine.. Mais c'est la réalité. Le contact avec cette réalité peut être de grand secours pour mettre un terme au zèle non-éclairé, aux ghettos de convertis, à tout ce que j'appelle "l'effet de serre".

Cela ramène les gens les pieds sur terre, et cela leur rappelle que c'est là où il devrait se trouver, car notre religion est la religion de l'Incarnation. Ce que les autres pensent et font, ce ne sont pas nos affaires, notre tâche c'est le salut de notre propre âme.

A cet égard, une des principales raisons pour laquelle certains convertis ne cessent pas d'être des convertis et ne deviennent pas Orthodoxes, c'est parce qu'ils n'ont pas de travail. Le besoin de gagner votre pain quotidien, d'être avec d'autres personnes, est un excellent moyen pour que les gens commencent à vivre leur Foi (au lieu de juste y réfléchir). Ceci peut éviter ce qu'on appelle les tentations de la gauche et de la droite. Les tentations de gauche sont le laxisme, la faiblesse, le compromis, l'indifférence. Les tentations de droite sont : juger sévèrement les autres, le zèle méprisant du Pharisien, "le zèle non-éclairé." Ces tentations sont d'un danger équivalent et doivent être autant combattues les unes que les autres. Toutes amènent à un gaspillage d'une quantité énorme de temps et d'énergie dans des distractions telles que la discussion sur des problèmes sans intérêt genre l'oecuménisme, plutôt que de prier. Vivre dans la société est le moyen qui nous permet d'apprendre à nous connaître nous-mêmes, voir nos défauts et éviter de nous fourvoyer dans des problèmes théoriques.


INTÉRÊT SUPERFICIEL

Certains sont vraiment imbus d'eux-mêmes! Certains sont vraiment pleins de suffisance et se gonflent. D'abord – si vous le leur permettez – ils vont vous détailler l'histoire de leur vie, et ensuite ils vont vous raconter les derniers ragots à propos du prêtre X, de l'évêque Y, et ensuite de la juridiction Z. Et cela quand bien même ils ne connaîtraient pas l'ABC de la Foi d'un enfant. Cependant, le fait est que le Christianisme, et c'est ce dont nous parlons, ce n'est rien de tout cela. Si vous n'avez pas de contact avec la réalité, alors vous n'apprendrez jamais les choses réelles. La vie de l'Eglise n'a rien à voir avec toute cette absurdité. Il n'y a rien de plus ennuyeux que de discuter de la personnalité et des activités d'autrui, clergé ou laïc, sauf bien sûr du péché les concernant, car le péché est toujours ennuyeux, c'est toujours la même chose. Posez la question à quelqu'un qui écoute des confessions.

La vie d'Eglise, c'est : qui va faire le café? Qui va faire la vaisselle? Qui va s'occuper des fleurs? Qui va tondre la pelouse? Qui va préparer et cuire les prosphores? Qui va nettoyer les toilettes? Saint Nectaire accomplissait cette dernière tâche alors qu'il enseignait à Athènes, quand bien même il portait l'imposant titre de "métropolite de Pentapole". Alors comment pourrions-nous nous en plaindre? Après tout, c'est une des premières tâches confiées aux novices dans les monastères.

Bien entendu, ce ne sont pas les principales tâches dans la vie de l'Eglise. Continuons :
La vie d'Eglise, c'est : Qui va apprendre à chanter? Qui va venir à tous les Offices à l'église? Qui va respecter tous les jeûnes de l'Eglise? Qui va lire chaque jour ses prières matinales et vespérales? Qui va se préparer consciencieusement pour la confession et la Communion? Qui va lire tous les jours les lectures prévues de l'Evangile et de l'Epître?

Et en fait, si vous voulez la réalité brute, qui choquera certains "convertis":
La vie d'Eglise c'est aussi : qui paiera les factures?

Oui, la vie d'Eglise, cela concerne l'engagement, la chose qui manque le plus dans notre culture actuelle, tiédasse et médiocre. Etre un Chrétien, et je vous le rappelle, c'est tout ce que le mot "Orthodoxe" signifie, c'est très difficile.
Depuis le Christ, personne n'a jamais dit autre chose. Sans un engagement ferme, nous ne resterons jamais Orthodoxe. Etre Chrétien, c'est aimer Dieu et aimer son prochain. Si nous ne sommes pas préparés à ne fut-ce qu'à l'essayer et le mettre en pratique, alors ça n'ira jamais. Malheureusement, certains pensent qu'être un Chrétien Orthodoxe – je sais, c'est un raisonnement vide, un cercle vicieux – ça ne concerne pas l'amour de Dieu et de son prochain. Ils pensent qu'il s'agit de lire des bouquins, d'avoir des opinions, de condamner autrui, de manger de la nourriture étrange, d'être intolérant, ou de porter des vêtements bizarres. Notre Seigneur n'a jamais rien dit de tout cela. Il a dit : "Je vous donne un commandement nouveau : Aimez-vous les uns les autres" (Jean 13,34).

Le fait est que tous les Chrétiens étaient autrefois Chrétiens Orthodoxes, mais la plupart n'ont pas compris et ont chuté.
Le Christianisme Orthodoxe, ce n'est pas être reçu dans l'Eglise Orthodoxe et puis dire : "Ca y est, j'y suis arrivé."

C'est entrer dans l'Arène, c'est se trouver sur la Croix. J'ai souvent entendu des Anglicans dire : "Je sais que l'Orthodoxie, c'est l'authentique, mais je n'y parviendrais jamais." Je suppose que cela a au moins le mérite de l'honnêteté. Je pense toujours à ces paroles de ce saint prêtre, Clément d'Alexandrie, au 3ème siècle : "Si l'homme n'est pas couronné par le martyre, veillez à ce qu'il ne soit pas loin de ceux qui le sont."

La solution, c'est de lire l'Evangile selon saint Jean, d'avoir une règle de prière quotidienne. "Le Royaume des Cieux est pris par la force", dit l'Evangile.

NOSTALGIE

La nostalgie se définit par un attachement au passé. Ce n'est pas Chrétien, quand bien même nous trouverions naturel et humain d'avoir de l'indulgence envers nous-mêmes de temps à autres. Le problème est que cela nous détourne de vivre dans la réalité du temps présent, ce que nous sommes supposés faire.
Certains par exemple vous dirons qu'ils ne peuvent pas rester Orthodoxes parce que cela signifie qu'ils ne pourraient plus faire ce qu'ils avaient l'habitude de faire – aller au bistrot les samedis soirs, ne plus manger de viande les Dimanches durant les jeûnes. D'autres vous diront qu'ils trouvent non-hygiénique le fait d'embrasser des Icônes, des reliques, la main du prêtre (et même prendre la Communion) – ils n'ont jamais eu l'habitude de le faire. On se demande pourquoi de telles personnes se sont données la peine de venir ici.
Oui, je comprend les problèmes des mariages mixtes, les problèmes de régime alimentaire, le problème de rendre visite à des parents qui ne sont pas Orthodoxes, le problème des calendriers. Alors voici deux choses. La première, l'Eglise n'est pas un bâton qui est là pour nous décourager. Mais souvent, les gens se fabriquent leur propre bâton pour se battre eux-mêmes. Si nous rendons visite à un parent durant une période de jeûne et qu'il nous offre de la nourriture non-carémique, l'Eglise ne nous dit pas d'être des bigots auto-satisfaits et de refuser. Elle nous dit d'être humbles. Certains disent : "je ne peux pas manger cela car je suis saint." Oh oui, nous avons tous entendu cela, si pas dans ces termes-là, au moins dans cet esprit. Si l'oncle Alfred de votre épouse est terriblement malade, cloué sur son lit d'hôpital et désespérément seul et que la seule solution pour lui rendre visite, c'est le dimanche matin, alors l'Eglise nous dit d'aller lui rendre visite. C'est mieux que de refuser d'emmener votre épouse parce que vous avez besoin de la voiture pour aller "à mon église" et puis avoir une querelle familiale. Le bon sens commun et le discernement dans nos choix sont essentiels.
En ce qui concerne les mariages mixtes, le discernement est vital. J'ai vu des "convertis" Orthodoxes harceler et harceler leur conjoint pour devenir membre de l'Eglise Orthodoxe. Le résultat est toujours négatif. D'un autre côté, j'ai vu des gens attendre patiemment, 10, 20 ou 30 ans durant, sans ne fut-ce que mentionner la possibilité d'entrer dans l'Eglise Orthodoxe, et pour finir, l'autre conjoint demandait spontanément à y entrer. C'est l'exemple de patience Chrétienne du conjoint qui avait convertit.
Dans les petites paroisses Anglaises de l'Eglise Orthodoxe, certains des problèmes d'isolement rencontrés par beaucoup qui se joignent à l'Eglise Orthodoxe ont été résolus, au moins en partie. Si vous allez dans ce que j'appelle des "paroisses d'Eglise d'Etat", vous ne trouverez pas souvent du café ou du thé après l'Office, ou quelqu'un avec qui parler. Inversement, la plupart des paroisses anglaises ont une salle paroissiale. Là, après la Liturgie ou un Office de semaine, les Orthodoxes isolés, de quelqu'origine que ce soit, peuvent se rencontrer. Une personne venue chez nous, provenant d'Europe Orientale, voyant cela, dit : "Ici, c'est comme dans l'Eglise Ancienne". Bien sûr, elle ne voulait pas dire que nous étions "saints" ou quelque chose du genre, mais elle voulait dire que dans notre communauté, nous étions proches, nous nous connaissions les uns les autres.
Et ceci ne veut en rien dire qu'ici c'est "mieux" qu'en Europe Orientale; c'est simplement que nous avons à former une communauté, avec une salle paroissiale, avec café et thé, parce que sinon nous ne pouvons pas survivre en tant que petit groupe minoritaire confessant des valeurs spirituelles dans le grand désert spirituel de la Grande-Bretagne moderne [- ou quelqu'autre pays d'Occident; note du traducteur]. C'est notre survie, c'est notre famille et communauté de substitution dans la société actuelle, fragmentée, individualiste, consumériste et sans vie relationnelle. Ce n'est pas nécessaire dans certaines parties de l'Europe Orientale, parce que tout le monde y est Orthodoxe, donc la communauté Orthodoxe est tout autour de vous. Mais ici ce n'est plus le cas.

CONFESSION

A présent, j'aborderai un problème très particulier qui concerne spécialement l'Anglais contemporain, et en particulier, le caractère Anglican. La culture Protestante ambiante en Grande-Bretagne pour au moins les 6 dernières générations a rendu les gens très "coincés" et réservés, ce qui est en réalité une forme d'orgueil. Pour nombreux Anglais, il est très difficile d'aborder la Confession, un important Sacrement dans l'Eglise Orthodoxe. C'est pourquoi dans des cultures Protestantes un peu moins coincées, comme dans ces Etats-Unis imprégnés de culture de l'introspection, bien que les gens n'aillent pas se confesser, ils vont chez leur psychothérapeute. Là, ils peuvent tout dire, et puisqu'ils paient, ils peuvent s'y entendre dire qu'ils sont des gens bien comme il faut. La confession est différente de cela. C'est une question délicate, et je pense qu'il est bon de parler de vos réserves avec un prêtre en dehors de la confession avant même d'aller en confession. Apprenez d'abord à vous connaître mutuellement. Voici un certain nombre de choses à comprendre:
Premièrement, aucune confession n'est faite à un prêtre. C'est à Dieu, en présence d'un prêtre, qui est supposé essayer de donner quelques conseils judicieux.
La plupart des prêtres n'auront aucune objection à ce que vous vous confessiez auprès d'un autre prêtre, hors de votre propre paroisse. Certains se réjouiront même que vous le fassiez! Trouvez le bon confesseur, qui vous convienne. S'il vit fort loin, donnez-lui votre confession par téléphone, courrier électronique ou lettre. Il vous répondra et ensuite vous irez chercher l'absolution auprès de votre prêtre local qui est au courant de cet arrangement. C'est la solution utilisée par les épouses et enfants des prêtres. Elle pourrait l'être par vous.
Pour finir, comme je l'ai déjà dit, il n'y a rien de plus ennuyeux que le péché. Je suis toujours surpris lorsque des gens viennent en confession et s'attendent à ce que je me souvienne de leur dernière confession. J'oublie toujours les choses ennuyeuses. Un des meilleurs pères confesseurs que j'aie jamais rencontré était presque totalement sourd. Après avoir dit ma partie, dont il n'avait quasiment rien entendu, il me donnait quelques uns des meilleurs conseils que je n'aie jamais reçus.

PERSONNALITÉS

Il est inévitable que vous ne vous entendrez pas toujours avec tout le monde dans votre paroisse. Ainsi en est-il de la nature humaine. Mais ce n'est pas une raison pour vous en aller, claquant la porte, et ne restant pas Orthodoxe. Peut-être passez-vous trop de temps à l'église en dehors des Offices? Oui, nous prenons une tasse de café ou de thé après l'Office, mais vous n'êtes pas obligé de rester. Certains des meilleurs Orthodoxes ne restent pas! Peut-être que vos relations sont-elles trop proches avec les autres paroissiens? Est-ce que ces personnes-là ne sont pas dans la même situation? Si vous n'avez pas de centres d'intérêt communs, autres qu'avoir une Foi commune, pourquoi passer tant de temps avec eux? Passer trop de temps avec des gens avec qui vous avez si peu en commun en termes de caractère et de goûts est une bonne recette pour les conflits. Après tout, vous n'êtes pas marié avec eux.
Et il en est de même concernant votre relation avec le prêtre. Vous pouvez avoir quelque chose en commun en matière de personnalité. Mais peut-être pas. Peut-être ne le trouverez vous "pas assez monastique" ou peut-être le trouverez-vous trop "libéral" [laxiste, moderniste, ndt], ou peut-être tout simplement profondément ennuyeux. Bon, d'accord, mais aller à l'église n'a rien à voir avec une étroite amitié avec le prêtre et acheter les mêmes céréales pour petit-déjeuner que lui. Franchement, si vous savez ce qu'il mange au petit-déjeuner, alors vous le connaissez un peu trop bien.
Un autre domaine de conflits dans la vie paroissiale ce sont les assemblées et conseils paroissiaux. Dans la plupart des paroisses Orthodoxes, ils ont lieu une fois par an, après la Liturgie dominicale, durant le Grand Carême. Et cependant, j'ai entendu de certains groupes de convertis qu'ils se réunissent sans cesse, une fois par mois voire plus, discutant toujours des mêmes vieux trucs. C'est quelque chose qui vient de l'Anglicanisme, pas d'une pratique Orthodoxe. Franchement, cette sorte de vie est "presqu'incestueuse", beaucoup trop de proximité pour être à l'aise. La discussion de détails pointilleux n'est pas seulement ennuyeuse, mais c'est aussi une perte de temps. Pire encore, certains s'y impliquent de manière passionnée et s'attachent aux détails. Je me souviendrai toujours d'une personne, professeur d'Université, dans une réunion paroissiale il y a quelque 25 ans d'ici, qui déclara que si on repeignait le plafond de l'église en bleu, il n'y remettrait plus jamais les pieds.
En fait, il ne l'a pas fait. Il est mort peu après.

CONCLUSIONS

Que retiendrez-vous de cet exposé? J'espère les points suivants :
Nous rentrons dans l'Eglise et nous restons dans l'Eglise afin de sauver nos âmes, et rien d'autre. L'Eglise n'est pas un loisir, un jeu, un intérêt privé, un prétexte, ou même une communauté. C'est le Salut de nos âmes. Nous y réussissons en étant d'abord nous-mêmes et ensuite en étant le meilleur de nous-mêmes. S'il y a quoique ce soit d'autre, tout cela est secondaire. Nous ne devons jamais perdre cela de vue. Si nous le faisons, alors nous nous trompons et nous sommes sur la voie pour quitter l'Eglise.
Afin de sauver nos âmes, nous devons d'abord nous connaître nous-mêmes, recherchant et découvrant nos propres fautes, péchés et défauts. Ensuite, nous devons les prendre à bras le corps et les combattre, mais progressivement et en douceur, et commencer à les dompter, et ne jamais laisser tomber ce combat. Nous saurons que nous ne sommes pas occupés à cela à chaque fois que nous commencerons à nous occuper des fautes des autres. Si notre fierté personnelle est blessée au cours de la vie ecclésiale, Dieu merci. C'est pour ça que nous y sommes, pour devenir humble.

Je vous remercie pour votre attention.

Prêtre Andrew Phillips

Source:



ST MATERNE

<>

Colère et pardon

Mieux vaut être tenté souvent par la colère et se hâter de demander pardon à celui que l'on reconnaît avoir offensé, que d'être plus lent à s'irriter et se laisser plus difficilement amener à demander pardon.
Aussi, gardez-vous des paroles dures; s'il s'en échappe de votre bouche, ne tardez pas à tirer le remède de cette même bouche qui a provoqué la blessure.

—Règle de Saint augustin

<*>

Orthodoxie à la Réunion

Communauté orthodoxe 
à l’île de la Réunion, Afrique


<>

Sans la résurrection, pas de christianisme

Saint Justin Popovitch

Les gens ont condamné  Dieu à mort ; par Sa résurrection, Il les a condamnés à l'immortalité. Pour L'avoir frappé, Dieu les a étreint en retour ; pour les insultes, [Il a donné en retour] des bénédictions, pour la mort, l'immortalité.

Jamais les hommes n'ont montré plus de haine envers Dieu que quand ils L'ont crucifié ; et Dieu n'a jamais montré Son amour envers les gens plus que quand Il est ressuscité. L'humanité a voulu faire que Dieu soit mort, mais Dieu, par Sa résurrection, a rendu les gens vivants ; le Dieu crucifié est ressuscité le troisième jour et ainsi Il a tué la mort!  Il n'y a pas plus de mort. L'immortalité entoure l'homme et le monde entier.

Par la résurrection de l'Homme-Dieu, la nature de l'homme est irréversiblement dirigée vers la route de l'immortalité, et la nature de l'homme devient destructive de la mort elle-même. Car jusqu'à la résurrection du Christ, la mort était destructrice pour l'homme ; depuis la résurrection du Christ, la nature de l'homme devient destructive dans la mort.

Si l'homme vit dans la foi en l'Homme-Dieu ressuscité, il vit au-dessus de la mort, il est inaccessible pour elle ; la mort est sous les pieds de l'homme. Mort, où est ton aiguillon? Enfer, où est ta victoire? Et quand un homme qui croit en Christ meurt, il ne laisse que son corps comme ses vêtements, dans lequel il sera habillé de nouveau au jour du Jugement Dernier.

Avant la résurrection de l'Homme-Dieu, la mort était la seconde nature de l'homme ; la vie était la première et la mort seconde. L'homme s'est habitué à la mort comme à quelque chose de naturel. Mais après sa résurrection, le Seigneur a tout changé, et il était naturel, jusqu'à la résurrection du Christ, que les gens deviennent mortels, donc après la résurrection du Christ, il était naturel que les gens soient devenus immortels.

Par le péché, l'homme devient mortel et temporel ; par la résurrection de l'Homme-Dieu, il devient immortel et éternel. C'est là que réside la force, en cela que réside le pouvoir, en cela que réside la puissance de la résurrection du Christ.

Sans la résurrection, il n'y a pas de christianisme. De tous les miracles, c'est le plus grand ; tous les autres miracles commencent et finissent avec lui. De là a germé la foi et l'amour et l'espoir et la prière et l'amour envers Dieu.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Archimandrite Dr. Justin Popovic
Condemned to Immortality
A meditation on the Resurrection
Publié par + JFV 

Source:


<*>

Car la mort peut venir demain

Saint Augustin (354-430), évêque d'Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l'Église

Sermon 150

Les Épicuriens, qui n'espèrent aucune autre vie au-delà du tombeau, qui ne connaissent que les jouissances de la chair, tiennent ce langage : «Mangeons et buvons, car nous mourrons demain» (1Co 15,32)... Mais les chrétiens, pour qui une autre vie, et une vie plus heureuse, doit commencer après la mort, doivent bien se garder de dire cela. Rappelez-vous, effectivement, cette vérité : «Nous mourrons demain», mais ajoutez: «Jeûnons et prions, car la mort peut venir demain».

Mais j'exige encore autre chose, une troisième condition, je ne veux pas passer sous silence ce qu'il faut observer par-dessus tout : que votre jeûne serve à rassasier la faim du pauvre. Si vous ne pouvez pas jeûner, appliquez-vous d'autant plus à nourrir celui dont la faim apaisée vous obtiendra votre pardon. Voici donc ce que les chrétiens doivent dirent: «Jeûnons, prions, donnons aux pauvres, car nous mourrons demain».

Source:


<*>


Sur la prière

Saint Arsène Papacioc de Roumanie (+2011)

Dieu est très riche! Et Il nous attend! ... Il attend que nous demandions!

Où que vous soyez, et chaque fois que vous êtes tentés, priez et ne vous découragez pas!

Toute personne qui veut acquérir le don de la prière doit se taire et prier.

Nous parlons beaucoup de la prière. C'est la seule chose qui ne peut être discutée, mais qui doit être pratiquée.

Un profond silence est une prière profonde. Et une prière profonde est comme un profond silence.

Chaque instant est un moment [dans l'éternité] et chaque soupir peut devenir une prière.

Nous ne devons pas cesser de prier, même avec l'esprit.

Si vous priez, vous êtes toujours présents à vous-mêmes.

Source:


ORTHODOXOLOGIE

<*>

De la Prière

Saint Silouane L’Athonite (+1936)

Celui qui aime le Seigneur se souvient toujours de lui, et le souvenir de Dieu fait naître la prière. Si tu ne te souviens pas du Seigneur, tu ne prieras pas non plus. Sans prière, l’âme ne demeurera pas dans l’amour de Dieu, car c’est par la prière que vient la grâce du Saint Esprit. Par la prière, l’homme se garde du péché, car l’esprit en état de prière est absorbé par Dieu. Avec humilité, il se tient devant la Face du Seigneur que son âme connaît. […]

Dieu donne la prière à celui qui prie ; mais la prière que nous accomplissons uniquement par habitude, sans avoir le cœur brisé à cause de nos péchés, n’est pas accueillie par le Seigneur.

J’interromps pour un instant mes propos sur la prière.

Mon âme languit après le Seigneur ; je le cherche avec ardeur et mon âme ne supporte pas de penser à autre chose.

Mon âme languit après le Seigneur vivant, et mon esprit s’élance vers lui comme vers son propre Père céleste. Le Seigneur nous unit à lui par l’Esprit Saint. Le Seigneur est doux à mon cœur, – il est notre joie, notre allégresse et le roc de notre espérance.

Seigneur, dans ta miséricorde viens à la recherche de ta créature, et montre-toi aux hommes par le Saint-Esprit, comme tu te révèles à tes serviteurs.

Réjouis, Seigneur, par la venue de ton Esprit Saint, toute âme affligée. Fais, Seigneur, que tous les hommes qui te prient connaissent le Saint-Esprit.

Nous, tous les hommes, humilions-nous par amour du Seigneur et pour le Royaume des Cieux. Humilions-nous, et le Seigneur nous fera connaître la force de la « prière de Jésus «. Humilions-nous, et l’Esprit divin lui-même instruira notre âme.

Demande conseil à des hommes expérimentés, si tu en trouves, et interroge humblement le Seigneur ; à cause de ton humilité, le Seigneur te donnera l’intelligence.

Lorsque notre prière est reçue par le Seigneur, l’Esprit divin en témoigne dans l’âme ; Il est doux et paisible ; mais autrefois je ne savais pas si le Seigneur avait accepté ou non ma prière, et à quel signe on peut le reconnaître.

Ô homme ! Apprends l’humilité du Christ, et le Seigneur te donnera de goûter la douceur de la prière. Si tu cherches la prière pure, sois humble, sois sobre, confesse-toi sincèrement, et la prière t’aimera. Sois obéissant, soumets-toi de bon cœur aux autorités, sois content de tout, et alors ton esprit se purifiera des vaines pensées. Souviens-toi que le Seigneur te voit et sois dans la crainte de blesser ton frère ; ne le juge pas, ne le peine pas, même par l’expression de ton visage, – et alors le Saint-Esprit t’aimera et t’aidera en tout.

Le Saint-Esprit ressemble à une mère pleine de tendresse. Comme une mère aime son enfant et le protège, ainsi le Saint-Esprit nous protège, nous pardonne, nous guérit, nous instruit, nous réjouit ; l’Esprit Saint est connu dans la prière accomplie avec humilité.

Celui qui aime ses ennemis connaîtra sans tarder le Seigneur par l’Esprit Saint ; celui, par contre, qui ne les aime pas, je ne veux même pas écrire à son sujet. Mais je le plains, car il se tourmente lui-même, fait souffrir les autres, et ne connaîtra pas le Seigneur.

L’âme qui aime le Seigneur ne peut pas ne pas prier, car elle est attirée vers lui par la grâce qu’elle a connue dans la prière.

Les églises nous sont données pour la prière ; dans les églises, on célèbre les offices selon les livres liturgiques ; mais tu ne peux pas emporter l’église avec toi et tu n’as pas toujours de livres, tandis que la prière intérieure est toujours et partout avec toi. Dans les églises, on célèbre les services divins, et le Saint-Esprit est présent ; mais la meilleure église de Dieu, c’est l’âme. Pour celui qui prie en son âme, le. monde entier devient un temple ; mais cela n’est pas donné à tous.

Bien des hommes prient des lèvres et aiment prier à l’aide de livres de prière. Cela est bien ; le Seigneur accueille leur prière et répand sur eux sa grâce. Mais si l’on prie en pensant à autre chose, le Seigneur n’écoutera pas une telle prière.

celui qui prie par habitude n’éprouve pas de changements dans sa prière, mais celui qui prie de tout son cœur connaît bien des épreuves dans la prière : il se trouve en lutte avec l’Ennemi, en lutte avec lui-même, avec ses passions, en lutte avec les hommes ; et en tout cela, il s’agit d’être vaillant.

Les souffrances et les dangers ont appris à beaucoup d’hommes à prier.

Un jour, un soldat vint me trouver dans le magasin de vivres [saint Silouane était « économe » du monastère de Saint-Pantéléïmon, responsable des aspects matériels du monastère] ; il se rendait à Salonique. Mon âme le prit en affection, et je lui dis : « Prie le Seigneur, et tes peines seront allégées. » Il me répondit : « Je sais prier. Je l’ai appris à la guerre, lorsque j’étais dans les batailles. Je suppliais le Seigneur de me garder en vie. Les balles pleuvaient, les obus éclataient, et peu d’hommes survécurent ; je pris part à de nombreux combats, mais le Seigneur m’a gardé. » Tout en parlant, il me montra comment il priait, et d’après l’attitude de son corps on pouvait voir qu’il était entièrement plongé en Dieu.

Beaucoup d’hommes aiment lire de bons livres, et c’est bien ; mais prier est mieux que tout. celui, par contre, qui lit de mauvais livres ou des journaux, est frappé de la faim de l’âme. Son âme est affamée, parce que la nourriture de l’âme et ses délices sont en Dieu. En Dieu se trouve sa vie et sa joie.

Si tu veux prier, l’esprit uni au cœur, et si tu n’y parviens pas, dis la prière avec les lèvres et fixe ton esprit sur les mots de la prière, comme il est dit dans l’Échelle [de saint Jean Climaque]. Avec le temps, le Seigneur te donnera la « prière du cœur «, sans distraction, et tu prieras avec facilité. Certains, dans l’œuvre de la prière, ayant forcé leur intelligence à descendre dans leur cœur, l’ont abîmé à tel point qu’ils ne pouvaient même plus prononcer la prière avec les lèvres. Mais, toi, connais la loi de la vie spirituelle : les dons ne sont accordés qu’à l’âme simple, humble et obéissante. À celui qui est obéissant et retenu en tout – en nourriture, en paroles et en mouvements – le Seigneur donnera la prière, et elle s’accomplira avec facilité dans son cœur.

La prière incessante procède de l’amour, mais on la perd par les jugements, les vaines paroles et l’intempérance. celui qui aime Dieu peut penser à lui jour et nuit, car aucune occupation ne peut empêcher d’aimer Dieu. Les Apôtres aimaient le Seigneur sans que le monde ne les dérange, et cependant ils se souvenaient du monde, ils priaient pour lui et ils s’adonnaient à la prédication. Pourtant il fut dit à saint Arsène : « Fuis les hommes « ; mais l’Esprit divin nous enseigne, même dans le désert, à prier pour les hommes et pour le monde entier.

Dans ce monde, chacun a sa tâche : l’un est roi, l’autre est patriarche, un autre cuisinier, forgeron ou instituteur, mais le Seigneur aime tous les hommes, et celui qui est pris par un plus grand amour de Dieu recevra aussi une plus grande récompense. Le Seigneur nous a donné le commandement d’aimer Dieu de tout notre cœur, de toute notre intelligence et de toute notre âme. Mais comment peut-on aimer sans prier ? C’est pourquoi l’intelligence et le cœur de l’homme doivent toujours être libres pour la prière.

On désire penser à celui que l’on aime, parler de lui, être avec lui. L’âme aime le Seigneur comme son Père et son Créateur, et se tient devant lui dans la crainte et dans l’amour : dans la crainte, parce qu’il est le Seigneur ; dans l’amour, parce que l’âme reconnaît en lui son Père. Il est miséricordieux, et sa grâce est plus douce que tout.

Moi aussi, j’ai reconnu qu’il est facile de prier, car la grâce de Dieu nous aide. Le Seigneur nous aime et nous donne de nous entretenir avec lui dans la prière. Les forces me manquent pour décrire combien le Seigneur nous aime. Par le Saint-Esprit, on connaît cet amour, et l’âme de celui qui prie connaît le Saint-Esprit.

Certains disent que la prière fait tomber dans l’illusion spirituelle ; c’est une erreur. L’illusion provient d’une présomptueuse confiance en soi et non de la prière. Tous les saints ont beaucoup prié et appellent les autres hommes à la prière. La prière est la meilleure activité pour l’âme. Par la prière, on parvient à Dieu ; par elle, on demande l’humilité, la patience et tout autre bien. celui qui parle contre la prière n’a manifestement jamais goûté combien le Seigneur est bon. Aucun mal ne vient de Dieu. Tous les saints ont prié sans cesse ; ils ne restaient pas un instant sans prière.

L’âme, en perdant l’humilité, perd en même temps la grâce et l’amour envers Dieu, et alors la prière ardente s’éteint ; mais lorsque les passions s’apaisent dans l’âme, et que celle-ci acquiert l’humilité, le Seigneur lui donne sa grâce. Alors, elle prie pour ses ennemis comme pour elle-même, et c’est pour le monde entier qu’elle prie avec des armes brûlantes.

Extrait de : Archimandrite Sophrony, Starets Silouane,
Moine du Mont Athos 1866-1938, Présence, 1973.



<>

Vivre la Divine Liturgie

Protopresbytre Stéphane Anagnostopoulos


La divine liturgie orthodoxe interprétée etcommentée selon la Tradition et

les expériences denombreux prêtres, moines et laïcs orthodoxes

<>

Sur l'humilité

Saint Arsène Papacioc de Roumanie (+2011)

L'homme humble ne se reconnaît jamsi lui-même en tant que tel... car il ne serait pas humble!

L'humilité est la seule puissance qui peut libérer l'âme humaine et les nations.

Il y a une seule voie à suivre: l'humilité!

Le Christ était humble, alors qui sommes-nous pour ne pas l'être ...?

Voulez-vous vaincre le mal: Humiliez-vous et ne jugez pas. Ensuite, vous serez libre.

L'humilité vous mène à Dieu, mais l'amour goûte Dieu!

Humiliez-vous pour que la Grâce abonde en vous.

L'humilité est le sang de la vie. On ne peut pas être sauvé sans elle.

L'homme ne peut jamais dire "Je suis humble!"

L'humilité est l'art de descendre en vous-même et d'y rester.

Parfois, la Grâce vous abandonne, afin que vous puissiez vous humilier devant Dieu!

Source:


ORTHODOXOLOGIE

<*>

Saint Arsène Papacioc 
de Roumanie (+2011) et les animaux

«Je ne pense pas que j’ai omis de demander à quiconque en confession s’il ou si elle avait torturé ou tué des animaux» racontait-il.

Un jour, il pleuvait et un chat avec quatre chatons vint près de ma cellule. N’ayant nul endroit où s’abriter, le chat vint auu puits près de ma cellule, et resta là à miauler sous la pluie.

Durant la nuit, je réfléchis. » comment se fait-il que je demande à tous en confession s’ils ont torturé des animaux, et je vais laisser ce chat sous la pluie?!»

Et je suis allé, dans l’obscurité, et sous la pluie, et j’ai trouvé le chat, mais seulement trois chatons, le quatrième manquait. Pouvez-vous imaginer cela?… Le jour suivant, je me suis retrouvé avec le chat dans le sanctuaire: il était venu me remercier!

Version française Claude Lopez-Ginisty
d’après
St Herman of Alaska’s 
Eternity in the Moment
reprenant
Între timp și veșnicie: Viata Părintelui Arsenie Papacioc
Bucharest 2015

Source:


<>

Sur le salut

Saint Arsène Papacioc de Roumanie (+2011)

Dieu fait plus pour notre salut que Satan pour notre destruction.

Hors de l'Eglise, point de salut! L'enfer existe uniquement en dehors de l'Eglise.

Celui qui peut faire le bien, mais ne le fait pas, commet le péché.

Seul le Diable ne peut pas être sauvé.

Sans la Grâce de Dieu, il est impossible d'être sauvé seulement par ses actions, peu importe à quel point vous pouvez être un grand ascète.

C'est la Croix qui a sauvé l'humanité! Pas la justice de Dieu ou de Ses miracles, mais Sa croix! Quand Jésus a été crucifié, Satan a été vaincu.

Je ne vois pas comment le jeûne seul peut nous donner l'espoir du salut. L'humilité profondément enracinée dans nos cœurs et être libre de tout ressentiment, voilà notre espoir de salut.

Ce que nous demandons d'abord, c'est la volonté de surmonter les tentations. Et en priant Dieu, Sa Grâce ne nous abandonnera pas.

Le ciel est plein de pécheurs repentants.

Nous devons lutter pour que le monde soit sauvé, avec tout ce que nous avons, de sorte que chaque jour, nous puissions atteindre l'éternité. Voilà notre idéal.

Notre Sauveur n'a pas été crucifié seulement pour une "catégorie" de péchés, mais pour tout ce qui signifie le péché sur la terre. Et Il a donné à chacun la force d'éviter l'enfer, mais Il est descendu aux enfers. Et ceux [qui sont] en enfer Il les aime aussi. Mais ils sont fouettés par Son amour, par Sa justice. Et qu'est-ce que le Christ n'a pas fait pour nous sauver de l'enfer?

La peur de la mort n'est pas causée par la mort, mais par la vie. Si vous voulez ne pas craindre la mort, vivez comme un chrétien! Seuls ceux qui ne vivent pas en Christ, ont peur de la mort!

L'homme, dans son orgueil et sa souffrance insensés, veut tout le ciel en un instant!

Il n'y a pas de sens ou de but, s'il n'y a pas de Dieu.

Nous aussi nous pouvons vaincre le monde, pas par notre puissance, mais par la Sienne.

Rien n'est perdu aussi longtemps que notre foi est vivante!

La vie est trop précieuse pour être dépensée dans la vanité.

Source:


ORTHODOXOLOGIE

<*>

Sur le mariage et la famille

Saint Arsène Papacioc de Roumanie (+2011)

Quand nous disons pendant les prières du saint sacrement du mariage que la femme doit être soumise à son mari, le mari doit également tenir compte qu'il lui est dit dans la même prière qu'il doit l'aimer [comme le Christ aime l'Eglise/ Ephésiens 5:25]. S'il ne l'aime pas, elle ne lui obéira pas. L'homme, en n'écoutant pas cette parole, devient responsable de l'entêtement de la femme. La femme doit également ne pas oublier que cette obéissance est le chemin du salut. Et si l'homme est le chef [de la famille], alors la femme en est le cœur, et ce cœur est fait par Dieu afin qu'Il puisse trouver le repos en elle!

Rien de mieux qu'une femme bonne et rien n'est pire qu'une femme déchue. Alors, époux, vous devez œuvrer de tout votre pouvoir pour la transfigurer.

L'amour joint tout dans un couple. C'est là le symbolisme de l'anneau de mariage.

Un mariage fait seulement le plaisir n'a pas de sens. Le mariage signifie atteindre ensemble l'éternité.

C'est la femme mariée qui donne naissance, élève et éduque un enfant.

Nous ne pouvons en aucune façon accepter qu'une femme ait un avortement… C'est une affaire grave, car elle va tuer une personne non-baptisée. Nous devons toujours nous demander ce que le Christ aurait fait dans ce cas?

La famille reste le meilleur instructeur.

Source:


<*>

Sur la vie monastique

Saint Arsène Papacioc de Roumanie (+2011)

L'entrée dans un monastère est une entrée dans le Ciel, et quitter le monastère, c'est quitter le paradis.

Aucune école ne peut se comparer à la formation monastique!

Dans le monastère, on est séparé de sa personnalité humaine pour entrer dans le règne angélique. Cela signifie que par la perte de soi-même, on est éveillé.

Si l'on veut embrasser la vie monastique, on ne peut pas le faire pour l'amour du monastère; mais on doit devenir "le monastère!"

Il n'y a pas de Grâce sans bénédiction de l'higoumène... si j'ai une joie à mon âge [94 ans], c'est parce que je ne fais rien sans bénédiction.

Ce que Satan hait le plus, ce sont les monastères. Il est capable d'engager le monde entier contre vous, pour que vous n'entriez pas au monastère. Lorsque vous décidez d'y aller, ne regardez pas en arrière!

On ne peut pas entrer au monastère pour toute autre raison que le spirituel... Alors, seulement après que vous soyez morts à vous-même, venez au monastère.

Ce n'est pas une chose petite ou insignifiante que de vivre dans un monastère, confiant dans votre but et sans murmurer.

Source:


ORTHODOXOLOGIE

<*>

Sur la Charité / la miséricorde

Saint Arsène Papacioc de Roumanie (+2011)

Avec Dieu, il n'y a pas de mauvais passé là où il y a maintenant un bon présent.

Quand Dieu vous pardonne, cela signifie qu'Il vous pardonne pour l'éternité.

Dieu ne nous garde pas parce que nous sommes dignes, mais parce qu'Il est très miséricordieux.

Mes frères, n'ignorez pas la main qui mendie, ou celle qui offre de l'aide.

La charité, ce n'est pas seulement de donner quelque chose. Cela signifie accepter l'homme assis à côté de vous, sans le jeter hors de votre esprit.

En ayant pitié des autres, nous montrons notre ressemblance au Christ.

Le mendiant tend la main non pas pour demander, mais pour vous donner le royaume des cieux, et vous ne le remarquez pas!

Rappelons-nous, mes frères: les mendiants sont des personnages bibliques!

Voulez-vous devenir riche? Donnez tout ce que vous avez! Et vous recevrez le centuple!

L'homme ne compte pas beaucoup quand il reçoit, mais il se souvient quand il donne.

Apprenez à vivre non seulement pour vous-même, mais à vivre pour tous ceux qui sont avec vous.

La miséricorde de Dieu ne supprime pas l'enfer [le jugement dernier].

Source:

https://orthodoxologie.blogspot.com/2002/01/staretz-arsenie-arsene-papacioc.html

ORTHODOXOLOGIE

<*>

Sur la sagesse du monde

Saint Arsène Papacioc de Roumanie (+2011)

Il est difficile pour un intellectuel de vivre une vie de prière.

Dieu ne se révèle pas à l'esprit vif, mais au cœur humble et pur qui est constamment ouvert à Lui.

Les philosophes ont seulement créé quelques notions, mais ils ne résolvent aucun problème.

L'intelligence et de l'éducation n'ont aucune valeur si elles ne sont pas au service de l'amour.


<*>

Sur l'Église


Saint Arsène Papacioc de Roumanie (+2011)

Le salut existe seulement dans le Christ et en Son Eglise orthodoxe.

Si vous êtes orthodoxe, vous devez tenir fermement à ses enseignements, sinon vous allez tomber dans l'hérésie.

Nous ne pouvons pas même renoncer à un iota de la vérité orthodoxe. Ceci est une grande question qui concerne Dieu. Il en fut ainsi avec la chute du catholicisme romain! 

Source:


ORTHODOXOLOGIE

<*>

À propos de Satan

Saint Arsène Papacioc de Roumanie (+2011)

Pour le Diable, nous ne devons pas donner d'explications!

Nous ne pouvons pas parler du Diable, sans parler de Dieu. Dans la création, de Dieu le Diable est toléré.

Croyez-vous que le Diable soit libre? Non! Il est le plus lié, car il n'est pas en Christ... Alors n'ayez pas peur de lui. Il est toléré, ce n'est pas une puissance.

C'est une grande erreur que d'entrer en conversation avec le Diable. Nous ne devons parler qu'avec Dieu.

Si vous voulez le chasser, dites: "Seigneur Jésus-Christ, aie pitié de moi", et parlez à Dieu. La puissance de Son Nom vous débarrassera de lui. Cela sied au Diable que d'entrer en dialogue, car cela signifie que vous le reconnaissez. Ainsi, par la prière, nous l'ignorerons.

Si nous examinons tout d'abord la question de l'enfer, alors nous ignorons le Ciel!

Marcher sur un chemin qui est faux- le péché signifie l'enfer.

L'orgueil est un état diabolique, un état absolument diabolique.

Aucune autre passion ne rapproche l'homme de la ressemblance au Diable que ne le fait l'orgueil.

Si vous n'écoutez pas ceux que Dieu a désignés pour vous, il est facile de comprendre que vous préfériez obéir à Satan.

Lucifer a chuté désespérément. La plus grande chute, et avec seulement deux mots: "je suis..."

Indirectement, le Diable confesse Dieu à travers les tentations.

Il n'y a aucune relation entre le bien et le mal. Notre Sauveur dit: "Donnez-moi tout votre cœur!" Mais le Diable dit: "Je n'ai besoin que d'un de vos doigts." Mais par lui, bientôt il va prendre tout votre être. Vous tout entier.

Le péché amène l'humilité. Donc, il est entendu que le Diable joue un "rôle" indirect dans notre salut, car il révèle nos infirmités, et en cela, il nous aide à grandir. S'il se rendrait compte quelle aide il est pour notre salut, il nous troublerait moins...

Quelle que soit la raison de votre affliction, elle vient seulement des démons. La Grâce de Dieu ne vient pas là où il y a le chagrin ou la tristesse, parce que vous ne sauriez pas quoi faire avec elle, et vous la gaspilleriez.

Source:


ORTHODOXOLOGIE

<*>

Le monachisme

Saint Arsène Papacioc de Roumanie (+2011)

La vie monastique ne peut être définie par aucune citation.

Aucun terme philosophique peut expliquer le monachisme.

La vie monastique est ... une entrée au paradis.

Ce n'est pas une petite chose que de servir le Christ et Sa Mère Très Pure toute sa vie!

Si nous nous donnons à Dieu, Il ne nous abandonnera pas!

Les moines ne sont pas parfaits, mais ils sont en chemin pour essayer de l'être.

La croix du moine est de couper sa volonté propre, de renoncer à ce qu'il aime, pour réaliser ce qui n'est pas commode.

La vie [commune] cénobitique de renoncer à sa volonté est une œuvre excellente dans la création de Dieu.

Couper sa volonté doit être l'objectif principal du moine, et non la solitude où il peut faire ce qu'il veut, et non pour recevoir une récompense. Si on esquive l'obéissance, on est égaré, et on ne peut pas se développer.

Si vous ne respectez pas votre père spirituel [staretz] vous serez asservis!

L'état de désobéissance est diabolique.

Où que vous soyez, restez vigilants alors vous vivrez comme dans le désert... Vous avez besoin de savoir comment vivre comme un ermite, alors que [physiquement] vous êtes au milieu du monde!

Nous ne pouvons pas parler de l'hésychasme en ayant des gâteaux sur sa table.

Il n'y a pas ermitage si on ne porte pas la douleur de [tout] le monde dans son cœur!

Renoncer au monde peut également avoir lieu dans l'âme du laïc. La Sainte Écriture s'applique à tout le monde. Tout le monde a reçu les Commandements.

Source:


ORTHODOXOLOGIE

<*>

Souffrance, mort et résurrection

Saint Ignace Briantchaninov

Deux disciples bien-aimés du Seigneur Lui demandèrent des trônes de gloire – Il leur donna sa Coupe (Matthieu 20, 23). La Coupe du Christ, c’est la souffrance.
La Coupe du Christ permet à ceux qui y communient de participer sur terre au règne béni du Christ, et leur prépare dans les Cieux les trônes de la gloire éternelle.
Tous, nous sommes sans réplique devant la Coupe du Christ ; personne ne peut s’en plaindre ou la refuser, car Celui qui nous commanda d’y goûter l’a bue Lui-même le premier.
Ô arbre de la connaissance du bien et du mal ! Au Paradis tu as tué nos premiers parents ; tu les as leurrés par le charme des jouissances sensuelles et par les illusions de la sagesse. Rédempteur des hommes déchus, le Christ apporta sur terre sa Coupe de salut à ceux qui étaient tombés et avaient été exilés du Paradis. L’amertume de cette Coupe purifie le cœur de la coupable, de la funeste jouissance du péché ; l’humilité qui découle d’elle – de cette Coupe – détruit l’orgueilleuse sagesse de la chair. Celui qui la boit avec foi et patience, reçoit de nouveau la vie éternelle qui nous fut enlevée – et elle l’est encore – parce que nous avons mangé du fruit défendu.
Je prendrai la Coupe du Christ, la coupe du salut (Psaume 115,4). Un chrétien prend cette Coupe lorsqu’il supporte les afflictions terrestres avec l’humilité puisée dans l’Évangile.
Saint Pierre se précipita avec une épée nue au secours du Dieu-homme entouré de malfaiteurs, mais le très doux Seigneur dit à Pierre : Rentre le glaive dans le fourreau. La coupe que m’a donnée le Père, ne la boirai-je pas ? (Jean 18,11). Toi aussi, lorsque les tribulations t’assailliront, dis-toi pour consoler et fortifier ton âme : " La coupe que m’a donnée le Père, ne la boirai-je pas ? "
Elle est amère, cette Coupe ! Au premier regard jeté sur elle, tous les raisonnements humains s’effondrent. Remplace les raisonnements par la foi, et bois courageusement cette Coupe d’amertume : c’est le Père qui, dans sa bonté et sa sagesse, te la donne. Ce ne sont ni les Pharisiens, ni Caïphe, ni Judas qui l’ont préparée, et ce n’est pas Pilate et ses soldats qui la donnent ! " La coupe que m’a donnée le Père, ne la boirai-je pas ? "
Les Pharisiens trament de noirs desseins ; Judas trahit ; Pilate ordonne le meurtre inique, et ce sont les soldats du gouverneur qui l’exécutent. Tous, ils se sont préparés une perte assurée par leurs méfaits ; quant à toi, ne te prépare pas une perdition tout aussi assurée par ta rancune, par ton désir et tes rêves de vengeance, par ton indignation contre tes ennemis.
Le Père céleste est tout-puissant et omniscient. Il voit ton affliction, et s’Il trouvait qu’il est nécessaire et utile de la détourner de toi, Il le ferait assurément. L’Écriture et l’histoire de l’Église témoignent que le Seigneur a dans de nombreux cas permis que des afflictions frappent ceux qu’il aime ; et dans de nombreux cas, Il les a écartées d’eux, en accord avec ses insondables jugements.
Lorsque la Coupe paraîtra devant toi, ne regarde pas les hommes qui te la présentent ; élève ton regard vers le Ciel et dis : " La coupe que m’a donnée le Père, ne la boirai-je pas ? "
" Je prendrai la coupe du salut. " Je ne peux pas repousser cette Coupe, gage des biens célestes, éternels. L’apôtre du Christ m’enseigne la patience lorsqu’il dit : Il nous faut passer par bien des tribulations pour entrer dans le Royaume de Dieu (Actes 14,22). Comment rejetterais-je la Coupe, moyen pour parvenir à ce Royaume et le faire croître en moi ? Je prendrai la Coupe, elle est un don de Dieu.
La Coupe du Christ est un don de Dieu. Il vous a été donné, écrit le grand apôtre Paul aux Philippiens, non pas seulement de croire au Christ, mais encore de souffrir pour Lui (Philippiens 1,29).
Tu reçois la Coupe apparemment de la main des hommes. Que t’importe que ces hommes agissent avec justice ou au contraire injustement ? Ton affaire à toi, c’est d’agir avec justice, conformément au devoir d’un disciple de Jésus : prendre la Coupe avec reconnaissance pour Dieu, avec une foi vivante, et la boire courageusement, jusqu’au bout.
Lorsque tu reçois la Coupe de la main des hommes, souviens-toi qu’elle est la Coupe non seulement de l’Innocent, mais encore du Très-Saint. Te souvenant de cela, répète à ton propre sujet et au sujet des autres pécheurs qui souffrent comme toi les paroles que le bienheureux et sage larron prononça lorsqu’il fut crucifié à la droite du Dieu-homme en Croix : Pour nous c’est justice, nous payons nos actes [...] Souviens-toi de moi, Seigneur, lorsque tu viendras dans ton Royaume (Luc 23,41-42).
Ensuite, tourne-toi vers les hommes et dis-leur : " Bienheureux êtes-vous, vous qui êtes les instruments de la justice et de la miséricorde divines, oui, bienheureux dès maintenant et à jamais. " Toutefois, s’ils ne sont pas en état de comprendre et d’accepter tes paroles, ne jette pas les perles précieuses de l’humilité sous les pieds de ceux qui ne peuvent les apprécier, et dis ces paroles uniquement en pensée et dans ton cœur. Ainsi seulement tu accompliras le commandement de l’Évangile qui dit : Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous persécutent (Matthieu 5,44).
Prie le Seigneur pour ceux qui t’ont offensé et outragé ; demande-Lui que ce qu’ils t’ont fait leur soit rendu en récompenses temporelles et éternelles, et qu’au jugement du Christ cela leur soit compté comme un bienfait. Même si ton cœur ne veut pas agir ainsi, contrains-le : seuls, en effet, ceux qui font violence à leur cœur pour accomplir les commandements de l’Évangile peuvent hériter le Ciel (cf. Matthieu 11,12).
Si tu n’as pas la volonté d’agir de la sorte, c’est que tu ne veux pas vraiment être disciple du Seigneur Jésus-Christ. Rentre attentivement en toi-même et examine-toi : n’aurais-tu pas trouvé un autre maître, ne te serais-tu pas soumis à lui ? Or le maître de la haine, c’est le diable. C’est une terrible transgression que d’offenser ou de persécuter son prochain : le crime le plus terrible, c’est de commettre un meurtre. Mais celui qui hait son persécuteur, son calomniateur, son délateur, son assassin, et qui nourrit en lui de la rancune contre eux et se venge d’eux commet un péché très proche du leur. C’est en vain qu’il se présente à lui-même et aux autres comme un juste. Quiconque hait son frère est un homicide (1 Jean 3,15), proclame le disciple bien-aimé du Christ.
Une foi vivante dans le Christ enseigne à recevoir la Coupe du Christ ; or, la Coupe du Christ inspire de l’espérance dans le cœur de ceux qui y communient, et l’espérance dans le Christ donne au cœur force et consolation.
Quel tourment – quel infernal tourment – que de se plaindre, de murmurer contre la Coupe prédestinée d’En-Haut ! Le murmure, l’impatience, la pusillanimité, et singulièrement le désespoir, sont des péchés devant Dieu, – ils sont les horribles rejetons de l’incrédulité pécheresse. C’est un péché que de murmurer contre son prochain quand il est l’instrument de nos souffrances mais c’est un péché plus grand encore, quand la Coupe descend vers nous directement du Ciel, de la droite de Dieu.
Celui qui boit la Coupe en rendant grâces à Dieu et en bénissant son prochain est parvenu au repos sacré, à la bienheureuse paix du Christ : maintenant déjà, il jouit du paradis spirituel de Dieu.
Les souffrances temporelles ne signifient rien en elles-mêmes : nous leur attribuons de l’importance à cause de notre attachement à la terre et à tout ce qui est corruptible, et en raison de notre indifférence pour le Christ et l’éternité.
Tu es prêt à supporter l’amertume et le goût désagréable des médicaments ; tu supportes la douloureuse amputation et cautérisation de tes membres ; tu supportes les tourments prolongés de la faim, la longue réclusion dans ta chambre ; tu supportes tout cela afin de restaurer la santé perdue de ton corps qui, une fois guéri, redeviendra sans aucun doute malade, et va assurément mourir et se décomposer. Supporte donc l’amertume de la Coupe du Christ qui procure la guérison et la béatitude éternelle à ton âme immortelle.
Si la Coupe te paraît insupportable, apportant la mort, cela te démasque : bien que tu te dises chrétien, tu n’appartiens pas au Christ. Pour ses vrais disciples, la Coupe du Christ est une coupe de joie. Ainsi, après avoir été battus avant de comparaître devant le conseil des Anciens d’Israël, les apôtres s’en allèrent du Sanhédrin, tout joyeux d’avoir été jugés dignes de subir des outrages pour le Nom du Seigneur Jésus (Actes 5,41).
Le juste Job reçut d’amères nouvelles. L’une après l’autre, elles vinrent frapper son cœur qui resta ferme. La dernière d’entre elles fut la plus terrible : tous ses fils et toutes ses filles avaient été subitement frappés d’une mort violente et cruelle. Dans sa grande affliction, le juste Job déchira ses vêtements et répandit des cendres sur sa tête. Puis, mû par l’humilité et la foi qui vivaient en lui, il se jeta à terre et adora le Seigneur en disant : Nu, je suis sorti du sein maternel, nu, j’y retournerai. Le Seigneur avait donné, le Seigneur a repris. Comme il a semblé bon au Seigneur, ainsi est-il arrivé : que le Nom du Seigneur soit béni (Job 1,21, selon la Septante).
Avec simplicité de cœur, confie-toi à Celui qui compte même le nombre des cheveux de ta tête (cf. Matthieu 10,30) : Il connaît quelle est la mesure de la Coupe salutaire qui doit t’être donnée.
Tourne souvent ton regard vers Jésus devant ses meurtriers comme devant les tondeurs un agneau muet, Il n’ouvrit pas la bouche (Isaïe 53,7 ; cf. Proscomédie de la Divine Liturgie de saint Jean Chrysostome) ; Il fut livré à la mort comme une douce brebis menée à l’immolation (ibid.). Ne détourne pas les yeux de Lui, et tes souffrances se transformeront en une douceur céleste, spirituelle ; les blessures de ton cœur seront guéries par les plaies de Jésus.
Restez-en là, dit le Seigneur à ceux qui voulaient le défendre au Jardin de Gethsémani, et Il guérit l’oreille coupée de celui qui était venu L’arrêter (cf. Luc 22,51).
Penses-tu donc, répliqua le Seigneur à celui qui avait tenté de détourner de Lui la Coupe par l’épée, que je ne puisse faire appel à mon Père, qui me fournirait sur-le-champ plus de douze légions d’anges ? (Matthieu 26,53).
À l’heure de la tribulation, ne cherche pas une aide humaine ; ne perds pas un temps précieux, n’épuise pas les forces de ton âme en recherchant cette aide impuissante. Attends l’aide qui vient de Dieu : à son commandement et en temps voulu, des hommes viendront et t’aideront.
Le Seigneur garda le silence devant Pilate et Hérode, Il ne prononça aucune parole pour se justifier. Toi, de même, imite ce saint et sage silence lorsque tu vois que tes ennemis te jugent avec l’intention de te condamner coûte que coûte, qu’ils jugent dans le seul but de dissimuler leurs mauvais desseins sous le couvert d’un jugement.
Que la Coupe vienne à toi précédée et annoncée par un progressif amoncellement de nuages, ou qu’au contraire elle te soit subitement apportée par une violente bourrasque, dis à Dieu : " Que ta volonté soit faite ".
Tu es un disciple, un fidèle et un serviteur de Jésus. Jésus a dit : Si quelqu’un me sert, qu’il me suive, et où je suis là aussi sera mon serviteur (Jean 12,26). Or, Jésus a passé sa vie terrestre dans les souffrances depuis sa naissance jusqu’à la tombe, il fut persécuté ; depuis le moment où Il fut emmailloté dans des langes et placé dans une crèche, la malice Lui prépara une mort violente. Ayant atteint son but, elle ne se tint pas pour satisfaite : elle s’efforça d’extirper Son souvenir même de la surface de la terre.
C’est par le chemin de souffrances temporelles que tous les élus du Seigneur sont, à sa suite, passés dans la bienheureuse éternité. Il ne nous est pas possible, à nous qui demeurons dans les jouissances charnelles, de demeurer en même temps dans un état spirituel. C’est pourquoi à ses bien-aimés le Seigneur offre continuellement sa Coupe ; par elle il les maintient dans leur mort pour le monde et entretient leur capacité de vivre de la vie de l’esprit. Saint Isaac le Syrien a dit " On reconnaît l’homme sur qui Dieu veille particulièrement : il lui envoie toujours des afflictions " (Œuvres spirituelles, Desclée de Brouwer, p. 75).
Prie Dieu d’écarter de toi toute infortune, toute tentation. Il ne faut pas se jeter témérairement dans l’abîme des tribulations : ce serait une orgueilleuse suffisance. Mais lorsque les afflictions viennent d’elles-mêmes, ne les crains pas, ne t’imagine pas qu’elles sont venues fortuitement, par un simple concours de circonstances. Non, elles sont permises par l’insondable Providence de Dieu. Plein de foi et animé par le courage et la magnanimité qu’elle engendre, nage sans crainte au milieu des ténèbres et de la tempête qui fait rage vers le havre paisible de l’éternité : c’est Jésus Lui-même qui, invinciblement, te guidera.
Assimile par une pieuse et profonde méditation la prière que le Seigneur adressa au Père dans le jardin de Gethsémani, à l’heure extrêmement pénible qui précéda sa passion et sa mort sur la Croix. Muni de cette prière, va à la rencontre de toute affliction et triomphe d’elle. " Mon Père ", priait le Sauveur, s’il est possible, que cette coupe passe loin de moi ! Cependant, non pas comme je veux, mais comme Tu veux (Matthieu 26,39).
Prie Dieu d’éloigner de toi les tribulations et, en même temps, renonce à ta volonté propre comme à une volonté pécheresse et aveugle. Livre-toi, ton âme et ton corps, ta situation présente et future, livre tes proches chers à ton cœur à la très sainte et très sage volonté de Dieu.
Veillez et priez pour ne pas entrer en tentation : l’esprit est prompt, mais la chair est faible (Matthieu 26,41). Lorsque tu es accablé de souffrance, il te faut multiplier les prières pour t’attirer une grâce particulière de Dieu. Ce n’est qu’avec l’aide d’une grâce particulière que nous pouvons surmonter les malheurs temporels.
Ayant reçu d’En-Haut le don de la patience, veille avec attention sur toi-même afin de garder, de retenir en toi la grâce divine, sinon le péché va imperceptiblement se glisser dans ton âme ou dans ton corps, et chasser la grâce divine.
Si par négligence et inattention tu laisses le péché pénétrer en toi, en particulier celui auquel notre chair est encline et qui souille à la fois le corps et l’âme, la grâce se retirera de toi, te laissant nu et solitaire. Alors la tribulation, permise pour ton salut et ta perfection, s’abattra brutalement sur toi ; elle t’accablera de tristesse, d’acédie et de désespoir, comme quelqu’un qui détient le don de Dieu sans lui témoigner la vénération voulue. Hâte-toi par un repentir sincère et résolu de rendre à ton cœur la pureté et par la pureté le don de patience, car celui-ci, comme don du Saint-Esprit, ne repose que dans les purs. Les saints martyrs chantaient une hymne de joie dans la fournaise ardente, marchant sur des clous, sur des épées tranchantes, plongés dans des chaudrons d’eau ou d’huile bouillante. C’est ainsi que ton cœur jubilera lorsque par la prière tu auras attiré à toi la consolation de la grâce, et que tu la garderas en toi par une vigilante attention à toi-même ; oui, même au milieu d’infortunes et de terribles malheurs, ton cœur entonnera avec joie une hymne de louange et d’action de grâces à Dieu.
Purifié par la Coupe du Christ, l’intellect est gratifié de visions spirituelles : il commence à voir l’universelle Providence divine, invisible aux esprits charnels ; à voir la loi de la corruption à l’œuvre en toute chose périssable ; à voir l’immense éternité proche de chacun ; à voir Dieu dans ses grandes œuvres – dans la création et la re-création du monde. La vie terrestre se présente à lui comme une pérégrination dont la fin s’approche à grands pas, dont les événements sont des songes, dont les bienfaits sont une éphémère séduction des yeux, un inconstant mais désastreux leurre pour l’intellect et le cœur.
Quel fruit produisent pour l’éternité les tribulations temporelles ? Lorsque le Ciel fut montré au saint apôtre Jean, l’un des habitants célestes lui fit voir une foule immense d’hommes rayonnants et vêtus de blanc célébrant leur salut et leur béatitude devant le trône de Dieu, et lui demanda : " Ces gens vêtus de robes blanches, qui sont-ils et d’où viennent-ils ? – Et moi de répondre, dit Jean le Théologien : Monseigneur, c’est toi qui le sais. Alors l’habitant du Ciel dit au Théologien : Ce sont ceux qui viennent de la grande épreuve : ils ont lavé leurs robes et les ont blanchies dans le sang de l’Agneau. C’est pourquoi ils sont devant le trône de Dieu, le servant jour et nuit dans son temple ; et Celui qui siège sur le trône étendra sur eux sa tente. Jamais plus ils ne souffriront de la faim ni de la soif ; jamais plus ils ne seront accablés ni par le soleil ni par aucun vent brûlant. Car l’Agneau qui se tient au milieu du trône sera leur pasteur et les conduira aux sources des eaux de la vie. Et Dieu essuiera toute larme de leurs yeux (Apocalypse 7,13-17).
Séparation d’avec Dieu, tourments éternels en enfer, commerce éternel avec le diable et avec les hommes démoniaques, flammes, froid glacial, ténèbres de la Géhenne, voilà ce qu’on peut à juste titre appeler tribulation. Oui, c’est bien cela : une grande, horrible et insupportable tribulation. Et ce sont les délectations terrestres qui conduisent à cette grande tribulation éternelle.
La Coupe du Christ, elle, préserve et sauve de cette tribulation quiconque la boit avec action de grâces et avec louange pour le Dieu qui, dans sa bonté, accorde à l’homme par l’amère Coupe d’afflictions temporelles sa miséricorde infinie et éternelle.

Extrait de la revue Buisson Ardent, no. 2 (1996).
Traduction inédite par l’Archimandrite Syméon.
Reproduit avec l'autorisation de la revue Buisson Ardent.
Le texte original, en russe, est publié 
dans Expériences ascétiques, Jordanville, NY, 1957.

Source:

http://religion-orthodoxe.eu/souffrance-mort-et-resurrection.html

<*>


Sur la souffrance chrétienne

Saint Arsène Papacioc de Roumanie (+2011)


Mon cher, la souffrance est un don de Dieu!

La mission du Christ sur terre était de sauver le monde par la souffrance, donc la souffrance apporte beaucoup d'humilité.

C'est une erreur de fuir sa propre souffrance. On est vraiment libre que lorsque l'on lutte, lorsque l'on est présent sur la Croix.

La souffrance apporte la sagesse profonde et nous fait réfléchir plus sérieusement à notre salut.

Une question se pose: comment notre cœur répond-il à la souffrance autour de nous? La plus grande chose qui nous sera demandée au Jugement Dernier est pourquoi avons-nous pas prêté plus attention à notre prochain?

Sur le péché de l'homosexualité

Dieu l'a puni par le feu! (Genèse 19: 24-25). C'est le péché le plus grave! Il est dit que ce péché accélère la Fin!

Je veux dire que ces péchés apportent le Jugement plus tôt dans le monde entier. Sauve-toi mon frère, car beaucoup chutent... Selon la parole des saints Pères ce péché très grave, de la sodomie (homosexualité), hâte le Jugement... Nous sommes maintenant à un stade avancé, car l'Occident a déjà accepté officiellement la sodomie [ mariages de même sexe] !

Source:


ORTHODOXOLOGIE


<*>

Autres Pensées

Saint Arsène Papacioc de Roumanie (+2011)


Je ne suis pas triste d'être un vieil homme! Je ne fais rien pour moi. Tout ce que je fais, je le fais pour Dieu et pour Ses enfants.

Je ne suis pas tout à fait en faveur d'une grande ascèse. Je penche plus pour une grande vigilance! Car ce n'est pas l'ascèse [en soi] que Dieu veut de nous, mais nos cœurs brisés et humbles, et Sa présence continue dans nos vies.

J'ai vécu beaucoup de choses dans la vie et j'ai vu les merveilles de Dieu; "Je vis le Dieu invisible, j'en eus l'expérience!" Notre monde d'aujourd'hui vise à ne voir que Son contour; il veut Le toucher sous une forme charnelle.

Source:


ORTHODOXOLOGIE


<*>


Miscellanées

Saint Arsène Papacioc de Roumanie (+2011)


La Mère de Dieu représente la race humaine.

Habituons-nous à l'autorité des paroles de la Sainte Écriture.

La paix est supérieure à la justice.

Il n'y a rien que le Christ ait dit, qui ne puisse être accompli.

Notre vie est notre témoignage! Et nous devons confesser la vérité, partout où nous sommes.

Peu importe où [qui] nous sommes, nous sommes tous pris au dépourvu, et c'est seulement par la grâce de Dieu que nous faisons les choses que nous faisons.

Si on est vindicatif, on sera redevable à Dieu. Mais si on résiste au mal alors Dieu nous "possède." 

Nous devons réfuter immédiatement toutes les pensées qui viennent à l'esprit, et elles viendront jusqu'à notre dernier souffle.

Dieu ne tardera pas à nous apporter son aide si nous avons purifié nos cœurs.

Souvent, on se compare avec un homme que l'on dit mauvais! Pourquoi ne pas essayer de se comparer aux saints Pierre et Paul, ou bien à saint Silouane de l'Athos?

Si on va demander l'avis d'un évêque ou d'un homme de Dieu [higoumène], sachons que la réponse viendra de Dieu, pas de cet évêque ou de cet higoumène. Si on se plaint à ce sujet, sachons que c'est Dieu que nous avons calomnié.

Le staretz Cleopa était un grand Père! Un grand chancelier avec beaucoup de connaissances! Il a créé une ère spirituelle. Il penchait davantage vers une œuvre ascétique avec un jeûne rigoureux, des prières et des larmes de repentir; je suis plus pour la vigilance [le réveil].

Source:


ORTHODOXOLOGIE

<*>

Autres Conseils

Saint Arsène Papacioc de Roumanie (+2011)


Croyez en Dieu, aimez l'Église et suivez les Pères [spirituels] de l'Église. Menez votre vie sur le chemin de l'humilité. Acquérez un bon renom auprès de Christ. Persévérez plus dans la prière. Vous ne serez libre que lorsque vous ferez face avec amour à ceux qui vous haïssent! Restez toujours en Christ pour l'éternité…

Source:


ORTHODOXOLOGIE

<*>

Qu'est-ce que la prière?

Saint Arsène Papacioc de Roumanie (+2011)

- Qu'est-ce que la prière, le Père?

- La prière est tout, en fait. 

La prière c'est d'avoir son cœur à l'intérieur du cœur de Dieu. C'est une sorte d'éducation que l'on doit "imposer" à soi-même - être présent avec son cœur à l'intérieur de Dieu, peu importe tout ce qu'il arrive à la personne de dire pendant ce temps. 

La prière est un silence profond et un état qui dépasse l'imagination humaine. Cela consiste à parler avec Dieu - mais pas avec des mots humains. C'est quelque chose qui va complètement au-delà de soi-même. La prière est nécessaire... la prière est notre vie.

Un profond silence est une prière profonde. Et une prière profonde est comme un profond silence.

Source:


ORTHODOXOLOGIE

<>

L’humilité et l’orgueil

Père André Konanos, Grèce

Un homme a dit au Saint Paisios du Mont Athos, Grèce (+1994):

-Je dors toute la journée.

Ce à quoi le staretz a répondu :

-Il n’y a rien de mal à cela, pendant que tu dors, tu ne pèches pas.

Quelles personnes étonnantes sont ces saints : même les erreurs, les péchés et les extravagances que nous leur révélons, ils les transforment en une bonne idée, car ils sont humbles. L’humilité leur donne l’occasion de tout regarder avec grâce, de baisser la tête et de ne pas se comporter avec arrogance, comme nous, en disant :

-Écoute ce que j’ai à dire ! Laisse ça tranquille ! Répare ça !

Non, les saints ne vous disent rien de tel, et ils ne vous demandent ou n’exigent rien de vous, mais seulement d’eux-mêmes. Ils se font des reproches, se punissent et luttent. Ils aiment tous les autres et adorent tout le monde. J’ai été impressionné par les paroles de saint Niphon de Constantinople : « Quand vous regardez quelqu’un, tombez mentalement à ses pieds et salue-le. » Vous pouvez vous incliner ? Pouvez-vous vous pencher comme le font les épis de blé ? Lorsqu’un blé pousse et emmagasine le grain, il devient lourd et se plie. En y regardant de plus près, vous dites :

-Il y a du grain, il y a du contenu.

Si vous avez du contenu, vous pliez. Si vous ne le faites pas, rien ne vous tire vers le sol et vous volez dans les nuages. Mais vous voulez vous voir, vous voulez être différent, comme un blé au début de sa croissance, disons, dans son enfance. Tel est le cas, par exemple, d’un jeune homme beau, mais égoïste, qui hésite à se réconcilier, parce qu’il a une haute opinion de lui-même, qu’il est intrusif, qu’il veut être remarqué et entendu…

C’est donc une grande chose d’avoir de l’humilité, de demander au Seigneur de l’humilité, de s’incliner devant le Seigneur, afin qu’Il nous voie humbles et nous bénisse. Soyons très prudents, car l’orgueil est, après tout, notre plus grand problème.

Pour moi, le plus gros problème, c’est mon égoïsme. Qu’est-ce que vous voulez dire ? Est-ce la même chose pour vous aussi ? Oui, je le sais bien. Je sais que cela s’applique aussi à vous. Si vous pensez vraiment à mes problèmes et à vos problèmes, vous verrez que l’égoïsme est en fait en faute dans
tout, littéralement… Vous allez peut-être vous y opposer :

D’accord, alors pourquoi est-ce ma faute si je suis tombé malade ? Est-ce que je peux vraiment tomber malade à cause de mon égoïsme ?

Non. Peut-être n’êtes-vous pas malade à cause de votre égoïsme, bien que l’égoïsme affecte aussi le corps, mais cette protestation contre la maladie qui est en vous est, une fois de plus, une manifestation d’égoïsme. Parce que si vous étiez humble, vous percevriez votre maladie de la bonne façon. Est-ce que vous comprenez ? Car il n’y a pas de problème dans la maladie elle-même ; la question est de savoir comment on la perçoit, comment on l’interprète et si on l’accepte.

Votre « ego » est toujours à blâmer. Si vous trouvez des fautes en tout, si vous vous plaignez, si vous êtes mécontent, si vous vous plaignez de votre vie, si quelque chose vous manque et que vous pleurez, c’est parce que vous manquez de Christ et d’humilité. Vous manquez d’humilité, mais vous avez beaucoup d’égoïsme.

Certaines personnes demandent :

-Comment cela a-t-il pu arriver ? D’où vient un tel malheur ?

De partout. On peut tomber dans l’abîme de l’égoïsme de n’importe où. Personne ne vous montrera l’itinéraire sûr. Les problèmes peuvent venir de n’importe où. Tout comme le train peut dérailler vers la droite ou vers la gauche, ainsi est également notre âme. Ainsi, on dit que dans la vie, on passe par de nombreux pièges, et donc on chante pendant le Carême : « Mon âme, mon âme, réveille-toi! Pourquoi dors-tu ? » Les tentations viennent et vous jettent dans les toiles de l’égoïsme.

Le Diable veut surtout nous entraîner dans le piège de l’égoïsme, comme il l’a déjà fait avec nos ancêtres, les forçant à se valoriser grandement et à considérer leur propre opinion comme la seule véritable. Donc, nous aussi, nous répétons encore après eux :

-Ça devrait être comme je l’ai dit ! Ce que j’ai en tête est juste ! Il devrait en être ainsi ! C’est ça, c’est ça ! Je ne veux pas en parler. J’insiste sur mon opinion – un point c’est tout !

En fait, nous souffrons tous de notre propre égoïsme, encore plus de notre égoïsme secret, qui est plus sournois et plus dangereux, car il est invisible. L’orgueil caché nuit plus à la personne. Parce que de quoi un pécheur peut-il être fier? Même s’ils sont égoïstes, alors, s’ils comprennent leur péché, c’est comme s’ils disaient : « Je suis devenue la risée de tous. Tout le monde dans mon quartier me connaît. Tout le monde sait qu’on se dispute tout le temps à la maison, que je consomme de la drogue… Tout le monde sait à quel point je suis une mauvaise personne. »

Contrairement à cette personne, tu es considérée comme gentille. Les gens gentils ont un égoïsme plus insidieux, car il ne se manifeste pas ouvertement. Quelqu’un qui pèche désespérément devant tout le monde, finit par être méprisé et rejeté, et c’est sa chance. Parce que quand les gens se détournent de vous, Dieu vous aime. Vous comprenez cela ? Dieu aime le pécheur dont vous vous détournez.

Quand vous voyez quelqu’un pécher ouvertement dans la rue, vous êtes indigné et dites :

-Regardez où nous en sommes. Quel genre de société est-ce là ? Qu’est-ce qui ne va pas chez vous?

Les gens méprisent les pécheurs, se détournent d’eux, et avec ce mépris humain, les pécheurs se lavent de leurs péchés. Savez-vous de qui les égoïstes cachés – les soi-disant « gentils » – doivent se détourner ?

D’eux-mêmes, et ce sera leur lavage. Car en vous détournant de votre égoïsme, vous laverez votre âme. Alors vous pourrez vous dire :

-Tu vois, les gens me considèrent comme quelqu’un de bien. Pourtant, j’ai honte de moi ! Je me sens dégoûté, en me regardant ! On me traite de bonne personne, mais je sais que je suis un menteur et un hypocrite. Ils ne savent tout simplement pas, ils ne peuvent pas connaître mes passions, mon infirmité, mes vices, ma vie secrète, mes paroles, mes fantasmes, la vie dans ma maison et comment je traite mes proches… Je ne suis pas ce qui semble être. Je suis une mauvaise personne.

Si vous n’avez pas honte de vos actions cachées devant les gens autour de vous, cela signifie que vous aimez vos actions. Par conséquent, vous les répétez. Certaines personnes se plaignent à leur père spirituel :

-Vous savez, mon Père, vos paroles ont blessé mon orgueil. Vous avez blessé mon égoïsme.

Cependant, il n’y a rien de mal à ce que votre orgueil et votre égoïsme soient blessés. Ne vous inquiétez pas pour eux. Quand votre frère est insulté, allez l’aider. Mais quand votre égoïsme est insulté, oubliez-le, abandonnez-le.

-Mais comment puis-je le faire ?

Laissez votre « ego » blessé, laissez-le pour mort. Laissez-le mourir complètement, et n’essayez pas de le réanimer par la suite. N’allez pas chez votre père spirituel pour faire caresser votre égoïsme blessé, mais allez plutôt le tuer. N’essayez pas de lui dire à quel point vous avez été traités injustement, mais dites : « J’ai tort ! »

Car si vous cherchez des excuses, comment pouvez-vous ressusciter votre âme ?

Version française Claude Lopez-Ginisty

Source:


ORTHODOXOLOGIE

<>